Un (très) bon été
Mes chers amis,
Grosse newsletter avec le programme de mon été, et les aventures de la rentrée au séminaire de Paris la suite sera dans un prochain mail ! J’ai ajouté pleins de photos pour alléger la lecture.
- Mission d’évangélisation à La Rochelle du 8 au 14 Juillet, précédé des magnifiques noces de Daphné et Quentin 💒.
Nous étions une dizaine de jeunes à qui l’évêque confiait l’église du Saint Sauveur ( Google Maps), en plein centre ville, pendant que le festival des Francofolies attire les foules. Bon timing ! Du coup nous évangélisions devant l’église l’après-midi pour inviter à la veillée de louange, d’adoration, de miséricorde, et plus généralement les trois à la fois. De belles rencontres, mais j’ai passé plus de temps à animer la musique, car il manquait de musiciens au point que j’ai du me remettre à la guitare 🎸
On a aussi pris le temps de faire un petit pèlerinage sur l’île Madame, où « 829 prêtres réfractaires, ayant refusé de prêter serment à la nouvelle constitution, furent emprisonnés à bord des pontons de Rochefort, le Washington et les Deux Associés, d’anciens navires négriers, puis au large de l’île d’Aix enfin sur l’île Madame. 547 d’entre eux moururent de maladie et d’épuisement, 254 sont enterrés sur l’île Madame, 226 sur l’île d’Aix, et 67 à Rochefort. » ( Wikipedia) Ils écrivent neuf résolutions qui ont du panache, voilà la première :
Ils ne se livreront point à des inquiétudes inutiles sur leur délivrance ; mais ils s’efforceront de mettre à profit le temps de leur détention, en méditant sur leurs années passées, et formant de saintes résolutions pour l’avenir, afin de trouver, dans la captivité de leur corps, la liberté de leur âme. Ils regarderont aussi comme un défaut de résignation à la volonté de Dieu les moindres murmures, les plus légères impatiences, et surtout cette ardeur excessive à rechercher les nouvelles favorables, qui ne peuvent qu’introduire dans leur âme cet esprit de dissipation si contraire au recueillement continuel dans lequel ils doivent vivre, et à cette soumission sans bornes à la volonté de Dieu, qui doit leur ôter toute inquiétude sur l’avenir.
Solides les prêtres, à l’époque… Suite des résolutions ici.
Après quoi on a pu faire trempette dans l’océan (parce qu’on m’avait vendu ça comme une « mission plage », mais à La Rochelle, il y a plus de port que de plage…

- Deux semaines à Paray-le-Monial du 15 au 28 Juillet pour encadrer les Jeunes aux Service des Sessions (J2S). Mais qu’est-ce donc ? Ce sont des jeunes plus ou moins portés par la foi, mais qui partagent le (déjà très impressionnant) désir de servir. Pour servir à Paray, il s’engagent pour deux semaines minimum, à participer quotidiennement à la louange, la messe, et l’adoration. Une demi heure par type de prière, donc une heure et demi par jour, soit a minima 21 heures pour que Dieu agisse. Et il n’y manque pas, vraiment pas du tout !
Coup de cœur : Grégoire, avec qui j’étais allé courir au début de la première semaine. À 23 ans, en école de commerce, un peu perdu, il me partageait sa recherche de vérité, son désir d’expérimenter toutes choses (drogues, religions…). Au bout d’une semaine et demi, il demandait à faire un parcours d’effusion de l’Esprit, pour renouveler son sacrement de confirmation. Et j’ai appris aujourd’hui qu’il commençait le cycle Curé d’Ars pour prendre le temps de réfléchir à sa vocation.


- Un peu de vélo avec ma soeur et mes neveux et nièces, pas loin de Paris, mais dans un coin suffisamment paumé pour être dépaysé.


- Du 5 au 11 Août, retraite des familles au Foyer de Charité de Courset. J’étais de vaisselle toute la semaine, mais ça me permettait de suivre les enseignements du très charismatique père Franck-Marie Legros, ancien danseur ( témoignage en vidéo). J’avais déjà fait une retraite fondamentale là-bas : une semaine en silence, des enseignements de qualité, et un accueil aux petits oignons. L’occasion de se reposer en se ressourçant dans la prière.

- Après ça, passage à Carnac pour des vacances plus détendues (merci les Landart pour l’accueil !). Puis sur le chemin du retour, quelques jours chez les soeurs augustines de Malestroit, pour découvrir la Mère Yvonne-Aimée, grande mystique du début du 20ème, en procès de béatification en 1954, puis mis en pause par peur d’une « flambée d’illuminisme » : trop de miracles, trop de dons ! Une vie très impressionnante, et surtout une relation intime avec le Christ, qui lui confie cette courte prière :
« Ô Jésus, Roi d’amour, j’ai confiance en ta Miséricordieuse bonté. »
Sur le retour, dans la Twingo d’Inès (🚗 merci !), je prends un covoitureur à Rennes, étudiant à Orléans qui me partage son attrait pour la vie monastique, parce que minimaliste, écologique, fraternelle… Tout sauf l’aspect religieux ! Je lui recommande Saint Benoit sur Loire, et il a séjourné trois jours au monastère de l’Abbaye de Fleury avant de reprendre les cours !

Une fois de retour à Rueil chez mes parents, j’ai pu profiter d’un temps plus calme pour voir des amis, avant la semaine de rentrée des séminaristes de l’Emmanuel qu’on a passé à Paray le Monial.
Point jargon technique : Les prêtres de la communauté sont des prêtres diocésains. Du coup certains séminaristes sont au séminaires de Bordeaux, d’autres à Aix, ou à Rennes. Sauf pour deux années d’étude qu’ils passent à Paris où la communauté est plus présente, ce qui permet de vivre à 100% des grâces de l’Emmanuel.
Dans mon cas, comme je suis pour le diocèse de Paris, je serai pendant deux années dans une maison de formation de l’Emmanuel, où tous les séminaristes sont de l’Emmanuel, avant de passer dans une maison de formation du séminaire de Paris, où tous ne le sont pas.
Et donc à Paray, c’était l’occasion de de retrouver des séminaristes des différents diocèses de France (où la communauté est présente). On a eu des enseignements sur « Être dans le monde sans être du monde » :
- les cathos et les médias par le responsable communication de la Communauté,
- les chrétiens et la question sociale par Pierre-Yves Gomez, un économiste
- aimer le monde par Hubert de Torcy, patron d’une boite de production (mini reportage sur lui et les faith-based movies ici)
On ne comprend absolument rien à la civilisation moderne si l’on n’admet pas d’abord qu’elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure. (Georges Bernanos)

Après Paray, retour à Paris du 2 au 8 Septembre, pour y découvrir ma chambre et m’y installer. Je suis au 4ème étage, au 49 rue de Turbigo, côté rue. Nous sommes neuf séminaristes dans cette maison, et dix autres sont dans une maison du 6ème arrondissement, près de Notre Dame des Champs.
Ma chambre est assez grande, mais comme j’y entrepose tout ce qui était avant dans un appart complet, et que je tarde à faire le vide, ce n’est pas encore trop instagramable 📸. Pas mal de courses, de petits travaux pendant cette semaine. On a fini par une sortie de maison à Versailles pour y déjeuner et faire une tour sur la grand canal 🛶.


Et suite de mes aventures dans un prochain message. En espérant ne pas avoir été trop long !
Soyez assurés que vous revenez régulièrement à ma mémoire dans mes prières.
Laurent